Poésie pour pouvoir

Le Mercredi, 12. mai 2027 -
17:00 - 19:00
UMPV Saint Charles

Poésie pour pouvoir 
Séminaire de poésie contemporaine

Marie Joqueviel-Bourjea & Rodolphe Calin
Université de Montpellier Paul-Valéry

Site Saint-Charles 1 , salle 102
17h-19h


C’est à l’enseigne de cet étonnant livre-objet, publié en 1949 par Henri Michaux avec la complicité artistique de Michel Tapié, que se place notre séminaire de poésie contemporaine : Poésie pour pouvoir. Dans les deux poèmes qui le composent, « Je rame » et « À travers mers et déserts », Michaux ne cherche pas un effet esthétique mais une efficace : une poésie qui opère, et dont le chant est un exorcisme qui tire de l’opposition du réel un moteur et une force. À l’écoute de celles et ceux qui font la poésie d’aujourd’hui – poètes, artistes, éditrices & éditeurs, libraires, lectrices & lecteurs… –, ce séminaire se propose de réfléchir aux gestes, formes et dispositifs qui, par leur efficace, font de la poésie une pratique opératoire, incarnée, partageable. Pour pouvoir.

Séminaire 2027 – elle court après la peinture

De la poésie de son temps, qu’il qualifie de « cubiste », Malraux affirme qu’elle « court après la peinture », quand Reverdy souligne, a contrario, « l’influence formidable » des poètes sur les peintres – le cubisme n’étant rien d’autre, selon lui, qu’une « poésie plastique ». Quelque cent ans plus tard, le débat est-il toujours aussi vif ? Les poètes ont-ils encore des leçons de conception à donner aux peintres ? La peinture ne ferait-elle pas plutôt la course en tête devant la poésie admirative… et peut-être essoufflée, et ne constitue-t-elle pas un modèle pour l’ancienne rivale devenue sa complice, voire son obligée ?
Peut-être la question n’est-elle pas seulement celle de la précellence, mais celle des raisons pour lesquelles la peinture demeure, pour le poète, un dehors. Michaux en est aussi un témoin privilégié : s’il peint, c’est que peindre, dit-il, est une « décongestion ». Quand parler serait « trop long, trop indirect, trop peu efficace », le poème délègue son efficace à la peinture.
La poésie, dès lors, ne courrait pas après la peinture par admiration : elle l’aurait envoyée devant.

Dernière mise à jour : 15/09/2026